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Interdiction du niqab et équilibre des pouvoirs en Syrie

Manifestation pour la libertŽ de port du voile islamique ˆ Tours

En juin 2010, le gouvernement syrien a pris la décision de muter les enseignantes portant le niqab dans une autre administration que l’éducation nationale. D’après une organisation de défense des droits de l’homme, la mesure concerne 1 200 personnes. Le 18 juillet 2010, le ministre de l’enseignement supérieur a annoncé que les étudiantes portant le niqab seraient exclues des cours, l’interdisant de fait au sein de l’Université. Ainsi, le gouvernement syrien lance une offensive contre le port du niqab dans le secteur éducatif, visant clairement à le prohiber.

Le gouvernement syrien justifie cette politique en mettant en avant la menace d’un renforcement de l’extrémisme religieux au sein du système éducatif. Les enseignantes et les étudiantes en cause instrumentaliseraient le niqab comme vecteur d’une vision rigoriste de l’islam qui irait à l’encontre des traditions syriennes et qui menacerait la qualité de l’enseignement. In fine, c’est l’identité laïque du pays, d’après la formule utilisée par le gouvernement lui-même, qui était menacée et qu’il fallait protéger par ces mesures d’interdiction.

Cette justification laïque du gouvernement syrien a été reprise par les grands quotidiens nationaux français comme Le Monde, Le Figaro, ou  Libération.

Un grand quotidien britannique, The Guardian, a, pour sa part, estimé que cette politique syrienne révélait une lutte interne au monde musulman, une fitna entre deux visions de l’islam.

Selon nous, expliquer la politique syrienne récente à l’égard du niqab sur le seul fondement de la laïcité est toutefois incomplet.

Attention : nous ne disons pas que cette explication laïque est fausse. Nous estimons seulement que l’on peut avancer une seconde explication à la récente inflexion gouvernementale syrienne à l’égard du niqab. Cette autre lecture, à notre connaissance, a été ignorée des commentateurs. En effet, il semble que la nouvelle politique syrienne a été analysée à travers le seul prisme des débats propres aux sociétés occidentales. Au point d’occulter les enjeux locaux pouvant spécifiquement aider à l’interpréter.

Pour nous, la seconde explication à l’interdiction du niqab est la suivante : cette dernière participe d’une stratégie du pouvoir syrien visant à préserver sa prééminence et donc, in fine, à maintenir l’équilibre des pouvoirs en Syrie.

Répétons-le, on peut parfaitement expliquer la politique syrienne récente à l’égard du niqab à travers le prisme laïc. La nature du régime syrien l’explique parfaitement.

La Syrie est un régime baasiste, à l’instar de l’ancien régime irakien de Saddam Hussein. Cela signifie que le pouvoir syrien assoit théoriquement son pouvoir sur la doctrine baasiste. Cette dernière, fixée par Michel Aflak et Salah al-Din al-Bitar, professe un nationalisme arabe socialisant. L’objectif de cette pensée est de parvenir à la création d’un Etat souverain réunissant les différentes nations arabes divisées par l’impérialisme, dans le cadre d’un système économique socialiste. Le baasisme reconnait la nécessaire prise en compte et mise en avant du fait musulman, comme révélateur et propulseur de la civilisation arabe. C’est un élément identitaire essentiel. Toutefois, l’idée est de réunir les arabes, musulmans et chrétiens, sur des bases ethniques, culturelles, linguistiques et non religieuses. Pour cette raison, les baasistes estiment que l’Etat doit être laïc.

Sur le fondement de l’idéologie baasiste, on peut donc parfaitement comprendre la justification laïque de l’interdiction du niqab. Cette explication n’est toutefois pas la seule, de notre point de vue. L’équilibre des pouvoirs peut offrir un très intéressant angle de vue pour mettre en exergue cet autre regard.

Pour bien comprendre notre idée, il faut commencer par rappeler que la Syrie est un Etat musulman à 90 % mais dont tous les citoyens ne se rattachent pas à la même école religieuse. Si 78% des musulmans syriens sont sunnites, les alaouites, druzes, ismaéliens et chiites composent les 22 % restants de la communauté musulmane.

Parmi les musulmans syriens doctrinalement minoritaires, il faut mettre en avant les alaouites, qui représentent environ 10 % de la population totale de Syrie.

En effet, depuis le 13 novembre 1970 et le coup d’Etat du général Hafez El Assad, ce sont les alaouites qui détiennent le pouvoir politique en Syrie. La mort du Président El Assad en 2000 n’a pas mis fin à  cette domination puisque c’est son fils, Bachar El Assad, qui préside aux destinées de la Syrie depuis cette date.

Après avoir pris le pouvoir au nom du baasisme, Hafez El Assad a rapidement révélé sa volonté de gouverner seul et de transmettre le pouvoir à ses descendants, Bassel El Assad puis, suite à son décès accidentel, Bachar El Assad. Alaouite, Hafez El Assad a vite compris que le moyen d’asseoir et de perpétuer son pouvoir était d’associer très étroitement la communauté alaouite à son exercice. C’est ainsi que les principaux dignitaires du régime sont alaouites, ainsi que les principales puissances économiques. Il est tout à fait essentiel d’avoir à l’esprit cette dimension communautaire du régime syrien : ce dernier repose fondamentalement sur la minorité alaouite. La logique clanique règne, avec cette particularité que le clan politiquement dominant est minoritaire démographiquement.

Mutatis mutandis, on peut établir un parallèle avec la situation irakienne, où la minorité sunnite a très longtemps gouvernée la majorité chiite.

La grande hantise du pouvoir des El Assad et des alaouites est d’assister à la montée en puissance des revendications sunnites quant à l’exercice du pouvoir. Leur poids démographique donnerait aux sunnites une influence politique majeure que la domination alaouite a totalement occultée. Les alaouites craignent donc, comme en Irak, que la majorité religieuse, prenant conscience de sa force, ne finisse par réclamer une meilleure association au pouvoir, sinon le pouvoir lui-même.

Pour tenter d’effacer ces clivages religieux, le régime baasiste met en avant la doctrine qui a légitimée son arrivée au pouvoir, en insistant sur la laïcité de l’Etat. De même, Bachar El Assad a épousé une sunnite, pour le symbole d’une nation unie.

Ces éléments ne permettent pas toutefois de dissimuler la réalité d’un pouvoir syrien qui revient de fait à la communauté alaouite, minorité religieuse qui craint un réveil sunnite pouvant déboucher sur des revendications politiques.

C’est dans cette perspective que l’on peut placer maintenant la récente interdiction du niqab.

On le sait, le niqab est avant tout un symbole sunnite. La recrudescence du port du niqab peut donc être interprétée par le pouvoir alaouite comme un réveil religieux sunnite, une volonté des sunnites de mettre en avant la force de leur foi et, par là, de leur communauté, par un renforcement de la pratique religieuse.

Le réveil religieux de la communauté sunnite, sa volonté de manifester et exalter sa foi sont autant de menaces pour le pouvoir alaouite. Une communauté sunnite atone, aphone lui permettait de perpétuer sa domination. Mais si les sunnites, largement majoritaires démographiquement, commencent à s’autonomiser religieusement, le risque mortel qui peut en découler est la formation de revendications politiques remettant en cause le monopole alaouite quant à l’exercice du pouvoir. Comment la minorité alaouite pourrait-elle s’y opposer par la force ? Elle serait nécessairement balayée sous le nombre.

L’interdiction du niqab peut donc être interprétée, à côté de l’explication laïque, comme une manière d’empêcher la communauté sunnite de mettre en avant un renforcement de sa pratique religieuse, ce renforcement religieux pouvant se prolonger par des revendications politiques menaçantes pour le pouvoir.

Al-Saffâh

crédit photo: flickr

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La Voix du Nord guide les musulmans

Autant insolite que pratique, le journal La Voix du Nord fournit les adresses de deux mosquées ainsi que l’heure du prêche et de la prière du vendredi.

Il est bien évident que l’information est ciblée. Est-ce que La Voix du Nord irait à la pêche aux musulmans ? Les temps sont durs.


la voix du nord guide les musulmans

L’édition du vendredi 23 juillet.

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Laïcité (s)

«Nous ne pensons pas qu’il faille légiférer sur ce que les gens ont le droit, ou pas, de porter en fonction de leurs croyances religieuses. (…) Aux Etats-Unis, nous prendrions d’autres mesures pour assurer l’équilibre entre la sécurité, d’une part, et d’autre part le respect de la liberté religieuse et des symboles qui lui sont associés».

Les propos rapportés ci-dessus n’ont pas été prononcés par un opposant marginal de la laïcité, un individu suspect et dangereux ou une voix sans intérêt. L’opinion rapportée suit  le vote par l’Assemblée Nationale française de la loi interdisant le port de la burqa, le 13 juillet 2010. Elle est émise par Philip Crowley, porte-parole du Département d’Etat (l’équivalent du Ministère des Affaires Etrangères aux Etats-Unis), le 14 juillet 2010.

Ainsi, les Etats-Unis marquent explicitement leur opposition à une législation visant à interdire certains modes vestimentaires attachés à une croyance religieuse. A cet égard, les Américains avaient déjà manifesté leurs réserves face à la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostentatoires à l’école, pour le personnel encadrant comme les élèves.

Ne soyons pas candides, il faut bien observer la part de calcul dans cette position américaine. Les américains, on le sait, sont en guerre ouverte contre l’extrémisme islamiste en Afghanistan, toujours présents militairement en Irak, ardents partisans de la sévérité à l’égard de la politique nucléaire de l’Iran, soupçonnés par l’ensemble du monde musulman de connivence avec Israël au détriment de la cause palestinienne… Les facteurs pouvant faire des Etats-Unis les ennemis objectifs des musulmans sont potentiellement nombreux. Afin de faire comprendre que leur politique vise à lutter contre des Etats particuliers et des groupes extrémistes bien identifiés et non contre la religion musulmane en tant que telle, les Etats-Unis ont tout intérêt à donner des gages de leur absence d’hostilité à l’encontre de la communauté musulmane. La thématique de la liberté religieuse devant être reconnue aux musulmans dans les pays occidentaux est un vecteur de cette stratégie visant à gagner les cœurs et les esprits.

Au-delà de l’argument opportuniste, force est de constater toutefois que la position des Etats-Unis se traduit effectivement dans le droit américain.

Les Etats-Unis, au même titre que la France, est un Etat laïc.

Le premier amendement de la Constitution américaine de 1787, ratifié le 15 décembre 1791, dispose explicitement que « le Congrès ne fera aucun loi relativement à l’établissement d’une religion ou en interdisant le libre exercice. » Cet article énonce clairement que l’Etat ne peut marquer sa préférence pour une religion particulière. Il n’y a pas de religion d’Etat, l’Etat n’est pas compétent pour réguler la sphère religieuse : il y a donc séparation entre l’Etat et la Religion, ce qui est la définition de la laïcité.

On doit donc bien avoir conscience de cet élément tout à fait fondamental : s’il y a une définition unique de la laïcité, entendue comme une stricte distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse, les modalités de mise en œuvre de cette laïcité peuvent être très diverses.

Ainsi, la France, république laïque, interdit le port du voile au sein de la fonction publique. On ne peut travailler pour une collectivité publique en portant le foulard. Cela résulte du principe de neutralité. On peut évoquer l’avis du Conseil d’Etat du 3 mai 2000, « Martaux », rendu à propos de l’enseignement public, pour en saisir le sens. D’après cet avis, « si les agents du service de l’enseignement public bénéficient comme tous les autres agents publics de la liberté de conscience qui interdit toute discrimination dans l’accès aux fonctions comme dans le déroulement de la carrière qui serait fondée sur leur religion, le principe de laïcité fait obstacle à ce qu’ils disposent, dans le cadre du service public, du droit de manifester leurs croyances religieuses. Il n’y a pas lieu d’établir une distinction entre les agents de ce service public selon qu’ils sont ou non chargés de fonctions d’enseignement. » La portée de cet avis peut être généralisée, ses dispositions s’appliquent à tous les fonctionnaires et agents publics. Le principe de neutralité déduit de la laïcité empêche donc les employés publics de manifester leurs croyances religieuses. Le principe de laïcité conduit également à restreindre la liberté religieuse des usagers du service public. On a évoqué plus haut la loi de 2004 prohibant les signes religieux ostentatoires en milieu scolaire et la future loi, après son vote par le Sénat, interdisant le port de la burqa dans tout espace public. Nul ne pourra, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage, sous peine d’amende. Le texte prévoit également de sanctionner par une peine d’emprisonnement et une amende toute personne contraignant une autre à porter une tenue dissimulant visage.

Aux Etats-Unis, république laïque, le port du foulard par les employés des collectivités publiques est parfaitement admis, sur le fondement juridique du premier amendement de la Constitution. Le droit n’est pas virtuel, il est exercé effectivement et au plus haut niveau de l’Etat. Ainsi, on trouve des hauts fonctionnaires au Département d’Etat portant le voile (pour un témoignage, je renvoie à un lien tiré du site de l’ambassade des Etats-Unis en France. Le port du voile est également autorisé pour les usagers des services publics, dont les élèves de l’enseignement public. Il est même soutenu au plus au niveau de l’Etat. Ainsi, en 2004, une élève avait été exclue de son école, en raison du voile qu’elle portait. Les pouvoirs publics s’étaient associés à la plainte de la famille et la réintégration de l’élève fut obtenue. A propos de cette affaire, Alexander Acosta, adjoint du Ministre de la Justice de l’époque, avait pu déclarer : «Aucun élève ne devrait être forcé de choisir entre sa foi et les bénéfices de l’éducation publique. (…) La discrimination religieuse n’a pas de place dans les écoles américaines.» Aux Etats-Unis, les seules limites à la manifestation de ses croyances religieuses tiennent à des raisons de sécurité publique, quand le port d’un signe religieux peut être dangereux pour la personne qui le porte ou peut se trouver à l’origine d’une situation dangereuse. On recherche alors à concilier l’exigence de sécurité publique et le principe de liberté religieuse.

Au final

on se trouve dans une situation étonnante : un même principe peut aboutir à des pratiques totalement distinctes, voire opposées.

Bien évidemment, l’histoire entre largement en ligne de compte pour comprendre comment des principes identiques peuvent en pratique se trouver traduits de façon si différenciée. En France, la laïcité fut une laïcité de combat. Il s’agissait d’affirmer l’autorité de l’Etat républicain contre une Eglise Catholique puissante qui, politiquement, était favorable à la monarchie. Il s’agissait, en quelque sorte, d’une lutte à mort entre ces deux institutions. Pour l’emporter, l’Etat républicain en arriva à interdire à ses agents de manifester leur foi dans le cadre de leurs fonctions et à restreindre les manifestations d’appartenance religieuse au sein des écoles. Il s’agissait ainsi de républicaniser l’Etat et la Nation, en anéantissant l’influence politique de l’Eglise Catholique. Aux Etats-Unis, on ne s’est historiquement pas situé dans cette lignée. La laïcité ne s’est pas absolument pas imposée contre une Eglise particulière, elle n’est pas apparue comme une arme dans un combat politique. Plus simplement, elle fut perçue comme le moyen d’assurer la coexistence pacifique de communautés religieuses diverses, avec la garantie de l’Etat, en particulier de sa Justice.

Si on peut comprendre que la laïcité n’ait pas évoluée de la même façon en France et aux Etats-Unis, cela signifie-t-il que la divergence historique doit nécessairement perdurer ? Les musulmans constituent-t-ils une nouvelle Eglise menaçant l’Etat ? Peut-on sérieusement poursuivre les restrictions au principe de la liberté de conscience découlant de l’article 10 de la Déclarations des droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, au point de vider ce principe de toute substance ?

Selon nous, si la laïcité fut une arme de combat à un moment donné, rien ne justifie plus qu’elle continue à être perçue ainsi. Les musulmans ne peuvent absolument pas être comparés à l’Institution qui, jadis, prétendait combattre l’Etat républicain pour imposer son influence, voire une restauration monarchique. Par ailleurs, il nous semble tout à fait absurde de proclamer théoriquement de grands principes, comme la liberté de conscience, si, en pratique, ils sont totalement virtuels quand il s’agit de la sphère religieuse.

Notre position n’est pas totalement utopique. Certaines juridictions françaises ont manifesté leurs réserves à l’égard de l’interprétation du principe de laïcité par le pouvoir politique. A ce titre, on doit évoquer le Conseil d’Etat, juge suprême des affaires administratives.

Ainsi, le juge administratif a toujours fait preuve de nuance dans ses arrêts et avis relatifs au port du voile. Dans un avis du 27 novembre 1989, le Conseil d’Etat a considéré que la laïcité ne s’opposait pas à la manifestation des croyances religieuses par les élèves, à condition que cette manifestation ne fasse pas obstacle aux missions dévolues par le législateur au service public de l’enseignement (comme le sport par exemple). Cette position équilibrée fut aussi traduite dans un arrêt du 2 novembre 1992, Kherouaa. Dans cette jurisprudence, le Conseil d’Etat prohibe le fait que les règlements intérieurs des établissements scolaires puissent interdire de façon générale et absolue le port du foulard. Pour le juge, les interdictions ne peuvent être que ciblées et justifiées par les circonstances particulières. Cette jurisprudence équilibrée a été balayée par la loi du 15 mars 2004 prohibant le port des signes religieux ostentatoires en milieu scolaire, le juge se soumettant à la loi.

De la même façon, le Conseil d’Etat a clairement manifesté ses inquiétudes à l’égard de la légalité de la loi prohibant la burqa. Pour la Haute Juridiction, il est juridiquement délicat de fonder sur la laïcité le principe de l’interdiction de la burqa dans les lieux publics. En raison du nécessaire équilibre entre le principe de laïcité et celui de la liberté de conscience. Selon les juges, une éventuelle interdiction de la burqa devrait être assise sur l’idée d’atteinte à la sécurité publique. On ne pourrait prohiber le port de la burqa qu’en cas de trouble à l’ordre public éventuel. On retrouve là encore l’idée que le juge administratif refuse les interdictions générales et absolues. Le Parlement a fait le choix de ne pas suivre les avis du Conseil d’Etat. Il faudra voir si la loi ne sera pas censurée par le Conseil Constitutionnel, vu la possibilité nouvelle de contester la constitutionnalité d’une loi devant le Conseil par le biais d’une question prioritaire de constitutionnalité. Le fondement juridique d’une atteinte excessive à la liberté de conscience pourrait être retenu, étant donné que la loi entend interdire de façon générale et absolue la burqa, sans prise en compte de l’espace où se trouverait la personne la portant. De la même façon, il sera intéressant d’observer l’accueil fait à ces normes juridiques françaises par la justice européenne, Cour de Justice de l’Union Européenne et Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Quoiqu’il en soit, nous estimons qu’il est nécessaire de mettre un terme à l’instrumentalisation du principe de laïcité. Certes, ce dernier a historiquement pu être un moyen rationnel de contrer l’influence d’une Institution ecclésiastique désireuse de concurrencer l’Etat. Toutefois on ne se situe plus dans cette configuration conflictuelle. Pire encore, le principe est instrumentalisé en fonction de l’hystérie née de la peur de l’islam et des musulmans. A ce titre, on ne peut qu’évoquer les étonnantes réactions outrées suscitées par l’inauguration d’une mosquée à Argenteuil le 28 juin 2010 par le Premier Ministre François Fillon. Il est temps que la laïcité soit interprétée de façon plus modérée, plus équilibrée, dans la perspective ouverte jadis par le Conseil d’Etat. Ce serait là un facteur de détente et d’apaisement des tensions. Les musulmans souhaitent uniquement respecter le Droit, à condition que ce Droit ne remette pas en cause les droits théoriques qu’il leur confère par ailleurs. Dire aux musulmans qu’ils peuvent l’être, tout en les privant des moyens de le manifester n’a aucun sens. On ne peut demander aux musulmans de s’intégrer en désintégrant leur identité.

Al-Saffâh

 

crédit photo

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Les sihks reconstruisent une mosquée démolit en 1947

sikh-muslmans-mosquee

Le geste est historique, les sikhs, du Pendjab dans le nord de l’Inde, ont reconstruit une mosquée détruite pendant les émeutes de 1947 (entre sikhs et musulmans).

La mosquée a été remise aux musulmans du village de Sarwarpur. En effet, le village compte de nombreux musulmans. Le ramadan approchant, les sikhs  donnent la possibilité aux familles du village et ses alentours de pouvoir pratiquer leur religion avec dignité dans un lieu de culte.

Les musulmans du Pendjab ont félicités les Sikhs pour leur geste noble et déclarés que ce comportement de fraternité et de tolérance n’a pas d’équivalent dans le pays.

Ce geste communaliste est un exemple pour l’humanité.

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Quand on oublie que les mots ont un sens…

« La Nouvelle Union Française est un parti politique nouvellement créé qui a pour mission d’intervenir dans tous les domaines de la société française comme par exemple: la famille, l’éducation, l’économie, de lutter contre les discriminations dont sont victimes les populaires de la communauté musulmane. De défendre également le droit de nos concitoyennes musulmanes à porter le voile en toutes libertés. Lorsque je dis, en toute liberté, j’entends par là, le droit de ses femmes musulmanes à vivre librement leur foi sans restriction notamment dans la vie politique. »

Telle est la présentation que se donne un nouveau parti politique, la Nouvelle Union Française, crée le 8 mai 2010. Le parti se présente clairement comme un parti musulman, c’est-à-dire un parti politique défendant les intérêts des musulmans.

Une chose m’a immédiatement frappé lorsque j’ai découvert l’existence de cette formation politique : son nom. « Nouvelle Union Française », et, plus particulièrement, « Union Française ».

On doit le rappeler ici, l’Union Française est la structure qui a succédé à l’Empire Colonial Français lors de l’adoption de la Constitution de la IVe République, le 27 octobre 1946. Ne pouvant plus maintenir un Empire Colonial en l’état, au vu de la progression du principe d’auto-détermination des peuples et du mouvement de décolonisation, la France a fait le choix de substituer son ancien Empire par une nouvelle Union.

Théoriquement, la rupture devait être totale : on passait d’un Empire fondé sur la domination politique et militaire de la Métropole, pour l’exploitation économique de l’Empire à son profit, à une Union reposant sur l’égalité des peuples et leur volonté commune, d’après le Préambule de la Constitution de 1946, de « développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité. »

nouvelle union française

En pratique toutefois, cette Union s’avérait être uniquement un Empire renommé. Présidé de droit par le chef de l’Etat français, elle marquait clairement la domination française. Le Préambule de la Constitution de 1946 affirmait d’ailleurs clairement que « Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires. » On se situait toujours dans la logique de la mission civilisatrice de la France, fondement du précédent Empire, pour bâtir une nouvelle institution néo-coloniale.

Ces rappels historiques effectués, on comprendra surement l’émoi suscité chez moi par cette dénomination partisane : voilà des gens qui proposent ni plus ni moins que de prendre le nom d’une structure néo-coloniale pour, ironie du sort, défendre des populations dont l’histoire est marqué par la colonisation et dont le traitement actuel est souvent guidé par des préjugés issus de la colonisation.

Au final, on peut se demander si les fondateurs de la Nouvelle Union Française ne sont pas, consciemment ou inconsciemment, les continuateurs d’une certaine pensée néo-coloniale visant à faire des musulmans des supplétifs d’un système politique qui les domine et méprise par ailleurs.

Que les musulmans doivent faire entendre leurs voix, personne n’en doute, personne n’en conteste la nécessité, voire l’urgence. Toutefois, il m’apparait clairement qu’intégrer la scène politique française en tant que « parti musulman » pour y parvenir est une erreur stratégique fondamentale. Existe-t-il un parti politique juif ? Un parti politique catholique ? Si l’on souhaite influer sur un système, encore faut-il comprendre les rouages de ce système. Penser qu’un parti bâti sur une base religieuse va avoir une influence relève d’une utopie criminelle, criminelle car elle risque de renforcer la méfiance à l’égard de la communauté musulmane. Que cette dernière soit organisée, cultivée et puissante économiquement : cela suffira amplement pour que le système politique soit à l’écoute de ses revendications.

En choisissant de se nommer « Nouvelle Union Française », les tenants de cette formation politique ont clairement oublié que les mots ont un sens. Sens qui en fait, au mieux, une illusion comique, et, au pire, une inconscience coupable.

Al-Saffâh

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Mosquée d’Ethiopie

Selon Wikipedia, l’islam serait pratiqué par environ 34 % de la population éthiopienne soit 29 millions de musulmans.


mosquee bois ethiopie 2 Mosquée dEthiopie


mosquee bois ethiopie


Toujours selon Wikipédia

La présence de l’Islam en Éthiopie remonte à l’époque de la fondation de la religion musulmane et à l’hégire. Vers 650, un groupe de musulman dirigé par Mohammed, fuit les persécutions dont ils sont l’objet à la Mecque, et trouve refuge en Éthiopie dirigée alors par le roi chrétien nommé Ashama ibn Abjar dans la tradition arabe. L’un des compagnons de Mohammed, le premier muezzin Bilal, est également décrit comme originaire d’Éthiopie. Ceux-là s’installent à Negash, dans le Tigré, considéré comme le premier lieu d’implantation de l’islam en Éthiopie


On vous invite vivement à découvrir les photos d’Eric Lafforgue sur son site ou sur Flick’r


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Mosquées du Pakistan, le Top 10

Trouve Ta Mosquée a souhaité faire le tour des plus belles mosquées du Pakistan. Alors qui mieux qu’un pakistanais pour nous présenter les mosquées de son propre pays ?  Islamiconcept, un blog pakistanais (Umar Hayat) nous dresse un classement des 10 plus belles mosquées du pakistan. Aujourd’hui TTM propose de vous traduire ce TOP 10 rédigé en Août 2009.


  • Mosqueé Faisal:

La mosquée Faisal est la plus grande mosquée au Pakistan et en Asie du Sud et la troisième plus grande mosquée dans le monde entier. Elle est située à Islamabad près du complexe Naval au secteur E-8. La mosquée couvre une superficie de 16000 mètres carrés avec une capacité pour accueillir un total de 300 000 musulmans . Elle possède quatre minarets, dont chacun fait 80 m de haut. La mosquée Faisal est nommée d’après le roi Fayçal ben Abdel Aziz qui a financé sa construction. Découvrez la visite de la mosquée Shah Faisal par Umar Hayat.

mosquee islamabad

  • Badshahi Mosque:

“Badshahi mosquée” signifie littéralement “empereurs mosquée”. Sa construction a débuté en mai 1671 par l’empereur moghol Aurangzeb. Elle est située à Lahore et a le mérite d’être la deuxième plus grande mosquée au Pakistan. Il s’agit de la cinquième plus grande mosquée au niveau mondial. Elle est l’emblème du grand Lahore et c’est une grande attraction touristique. Elle attire un total net de plus de 500.000 touristes de partout dans le monde. Sa cour couvre une superficie de 26 000 mètres carrés et la mosquée peut accueillir 110.000 musulmans à la fois.

Badshahi Mosque Lahore Pakistan

badshahi mosquee 2


  • Mosqueé Tooba:

La mosquée Tooba est située à Karachi (la plus grande ville du Pakistan). Un de ses noms communs “Gol Masjid», lui est probablement donné en raison de sa structure elliptique. La mosquée a été construite en 1969. Elle est prétendue être le plus grande mosquée du monde à dôme unique. Attraction touristique majeure, la mosquée Tooba  a été construite avec du marbre blanc pur. Son dôme est de 236 mètres de diamètre. Elle a un seul minaret haut de 70 mètres. Son hall central peut accueillir au total 5000 personnes. Elle a été conçue par le célèbre architecte pakistanais Dr Chauhan Babar Hamid.

tooba mosquee

tooba mosque 2


  • Mosquée Mohabbat Khan:

Communément appelée “Masjid Muhabbat Khan”, la mosquée est située à Peshawar, au Pakistan PFNL. C’est une mosquée du 17ème siècle. Elle a été nommée d’après Nawab Khan Mohabbat qui était le gouverneur Moghol de la région en cette période. Il a servi sous l’empereur Moghol Shah Jahan. Elle a été construite en 1670. A l’origine, son architecture est orthodoxe. Elle dispose en son milieu d’une zone pour les ablutions. Ses minarets ont été utilisés à l’époque sikhs comme un substitut à potence. En 1895, un incendie qui a fait rage à travers le bazar Andar Sheher a manqué de détruire la mosquée, cela ayant pu être évité grâce aux efforts inlassables des fidèles.

Mahabat Khans Mosque w1024 h1024 400x300 Mosquées du Pakistan, le Top 10

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  • Mosquée Eid Gah:

La mosquée Eid Gah est située à Multan (importante ville du Pakistan), sur la route principale Multan-Lahore. Elle a été construite en 1735 par Nawab Khan Abdul Samad qui était le gouverneur de Multan à l’époque. Elle couvre une superficie de 1250 mètres carrés, et compte sept belles coupoles qui sont construites en utilisant un matériau spécial développé par fusion d’argile, de marbre et de pierre calcaire. Elle peut accueillir un total de 2000 musulmans. Elle a également des chambres pour les personnes qui viennent pour la prédication.

KingMosque EidGah w1024 h1024 400x300 Mosquées du Pakistan, le Top 10

  • Mosquée Suneri:

La mosquée Soneri aussi connue comme Mosquée d’Or est situé à Lahore. Elle a été construite par Nawab Khan Syed Bhikari en 1735 qui était le vice-gouverneur de Lahore. Elle est située au milieu du bazar du Cachemire. Elle comporte trois dômes et une belle porte d’entrée mesurant 21 mètres de largeur. Elle dispose d’une cour qui mesure 161,5 par 160,6 mètres. Les dômes de marbre couvrent les salles de prière. La mosquée possède 4 minarets dont chacun d’eux mesure 54 mètres.

Suneri mosquee w1024 h1024 294x400 Mosquées du Pakistan, le Top 10

suneri mosquee 2

  • Jamia Masjid Sialkot:

Comme la ville de ma mère est Sialkot, je connais la grandeur de “Jamia Masjid Sialkot”. Elle est située dans un quartier très peuplé couvrant les besoins des personnes résidant à Sialkot. Ils la considèrent comme un élément essentiel de leur patrimoine. C’est la plus grande mosquée de Sialkot. Elle peut accueillir un total de 50.000 fidèles. Elle possède deux grands et un petit minaret, ainsi qu’une belle façade sur laquelle le travail de miroir est une merveille. Elle a été construite par Nawab Akram Khan qui était le gouverneur de Sialkot.

Mosquée Sialkot

  • Mosquée Wazir Khan:

La mosquée Wazir Khan est située à Lahore. C’est un lieu très saint du point de vue religieux. Elle est célèbre pour ses travaux de tuiles étendues sur ses murs extérieurs et intérieurs. Elle est parfois citée comme étant “un grain de beauté sur la joue de Lahore”. Shah Jehan a construit cette mosquée en 1635 et elle n’a pas prit une ride malgré les siècles.

wazir khan mosquee

  • Moti Masjid:

Moti Masjid signifie littéralement «la mosquée de perles». Elle a été construite au 17ème siècle (1637). Elle est située à l’intérieur du Fort de Lahore, et est composée de marbre blanc. Elle fait parti des belles mosquées créées par Shah Jehan à cette époque. Elle est relativement plus petite comparée aux autres mosquées de Lahore, mais elle est présente dans le top 10, de par sa beauté. La mosquée est située sur le côté ouest du fort. Les Sikhs ont volés une grande quantité de ses bijoux précieux qui étaient fixés sur les murs lors de la révolte de 1857.

moti mosquee


  • Mosquée Bhong:

La mosquée Bhong  est située dans le domaine de la Bhong, Sahibabad, dans le district de Rahim Yar Khan. Sa construction a commencé en 1932 et s’est achevée en 1982. Elle a remporté le Prix “Agha Khan” d’architecture en 1986. Un timbre-poste avec sa photo a été publié le 12 mai 2004 au Pakistan. J’envisage de visiter ce magnifique édifice de mon pays.

bhong mosquee


Voici quelques-unes des plus belles mosquées  du Pakistan. Merci à Islamconcept pour ce classement :-)


Crédit photo : Badshahi Mosque Lahore PakistanBMLPTooba MosqueTMMohabbat Khan MosqueMKMEid Gah MosqueSuneri MosqueSMJamia Masjid SialkotWazir Khan MosqueWKMMoti MasjidBhong MosqueBM


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Rencontre annuelle des musulmans du Sud, la 8ème éditions

Bientôt, la ville de Marseille se verra recevoir la 8ème édition de la Rencontre Annuelle des Musulmans du Sud. Le 23 ma,i des centaines de musulmans se réuniront aux Palais des Congrès de Marseille, le Parc Chanot.

Le thème de cette rencontre est “Islam Valeurs à partager

Un concours de mémorisation du Coran sera organisé mais ne concerne uniquement les résidents du sud de la France.

Malheureusement, très peu d’informations sont disponibles sur le RAMSUD.FR. Pourtant, lorsque nous ouvrons le site pour le première fois, le design est épuré, nous voyons une animation avec une publicité Sony Ericsson, et même une banderole de partenaires. Nous avons l’impression que l’accent a été mis sur la communication mais à tort. Le programme de la journée reste mystérieux, une page pour la presse est disponible mais l’email n’est pas valide. Un numéro de téléphone reste tout de même disponible.

Y-aura-t-il des conférences ? Rien dans le programme et aucune liste d’intervenants n’est disponible. Nous apprenons tout de même sur le site de Tariq Ramadan qu’il sera présent à cette rencontre.

Pouvons-nous trouver plus d’informations sur Facebook et Twitter ? Non, pas de page fan Facebook, ni de compte Twitter.

Les internautes musulmans d’aujourd’hui sont comme les autres, ils utilisent internet, Twitter, Facebook, etc.. Le besoin de s’informer devient important et les internautes deviennent de plus en plus exigent. Il nous semble très important que les associations et organisations musulmanes puissent prendre en compte ces paramètres pour mieux nous informer et mieux nous rassembler.

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Une mosquée pour 150 000 musulmans au Tadjikistan

mosquee tajikistan Une mosquée pour 150 000 musulmans au Tadjikistan

Les travaux de constructions de la plus grande mosquée régionale d’Asie Centrale, à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, ont débuté.

La future mosquée couvrira un espace de 7,5 hectares comprenant une université islamique, une bibliothèque, un musée, des salles de conférences, des piscines.

La mosquée comprendra également des minarets et des colonnes peintes qui symboliseront le monde et les sept portes du paradis.

La mosquée aura une capacité de 150.000 musulmans dans une ville de 700.000 personnes ou 90 % de la population est musulmane, soit 20% de la population pourra se rassembler pour prier.

Les critiques disent que la mosquée est un luxe et que l’argent serait mieux d’être dépensé en matière de réduction de la pauvreté. Selon les médias Tadjikistanais, le projet de plusieurs millions de dollars ne coûte rien au pays. Le gouvernement du Qatar a accepté de payer la facture, un bel engagement à l’Islam.

Source: BBC

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Mosquée de Reims : photo Twitter

Nous en avions parlé sur Trouve Ta Mosquée il y a quelques temps, voici plus d’informations concernant la mosquée de Reims. Les constructions ont commencés en 2007 et apparemment, avec la photo ci-après, nous devrions bientôt voir l’inauguration de la mosquée de Reims.

mosquee de reims

Merci à ce “Twitte“ qui a partagé une une photo de la mosquée. Parfois cela tient à peu de choses pour connaître la situation des frères musulmans de Reims.

Nous tâcherons de vous donner plus d’informations au fur et à mesure que les constructions avancent.

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