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Ramadan : l’équilibre parfait entre abstinence et abondance

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Nous publions le texte suivant avec l’autorisation de Soulaimane Chemlal, fondateur du groupe AVANT L’HEURE, spécialisé dans l’accompagnement des musulmans en psychologie, coaching et conseil en éducation. Restrouvez aussi Avant l’Heure sur Facebook

 

« Abstinence » et « Abondance », pour opposées qu’elles soient, sont les deux mamelles du jeûne du mois de ramadhâne pour les croyants. L’une ne va pas sans l’autre. Dans ce système de vases communicants, le temps libre et l’énergie – matériels, spirituels et intellectuels – ménagés par l’abstinence doivent être utilisés pour œuvrer d’abondance. Et le jeûne est conçu comme une occupation de chaque minute, de chaque heure, nuit et jour, pendant un mois lunaire complet.

Pour un grand nombre de non-musulmans, c’est vrai, la renommée du jeûne islamique tient au caractère spectaculaire de l’abstinence qui prend place entre la prière de l’aube et la prière du coucher du soleil. Pas de nourriture. Pas de boisson. Pas d’intimité amoureuse.

Mais tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg ! Et le cœur même du jeûne de ramadhâne réside dans ses aspects les moins voyants.

D’abord, toujours dans ce côté « abstinence », les musulmans doivent en décliner tous les aspects de trois domaines :

  • Physique. On s’abstient de manger, de boire, on reste chaste, à la lumière du jour seulement.
  • Psychologique. On corrige ses défauts et ses mauvaises habitudes, on s’abstient de se mettre en colère, d’être grossier, vulgaire, impatient, avare, médisant, calomnieux, de parler pour ne rien dire, etc.
  • Spirituel. On corrige ses croyances erronées concernant Allâh et Son message, on s’abstient de s’occuper d’autre chose que d’adoration et d’étude de la religion.

 

Puis il y a le côté « abondance », qui comprend également plusieurs aspects, notamment spirituel et social :

 

  • Spirituel. On lit le Coran le plus souvent possible, on le médite, on tente de le comprendre, on le met en pratique abondamment. On prie davantage, le jour, la nuit, seul et en groupe. On mentionne Dieu dans son for intérieur, avec son cœur et sa tête, en permanence, si possible. On invoque Dieu le plus souvent possible. Aller à La Mecque durant cette période est une action très recommandée.
  • Social. On mise beaucoup sur la générosité et l’entraide. C’est un point très important et méconnu, sur lequel on s’arrêtera un peu pour dire que les actes d’adoration ont une valeur démultipliée durant le mois de ramadhâne, et que, justement, le soutien aux pauvres et aux nécessiteux, qu’ils soient musulmans ou non, fait partie des actes d’adoration. Les spécialistes rapportent à ce sujet que, si le Prophète de l’islam, qu’Allâh le préserve, le modèle des musulmans, Muhammad, était toujours généreux, il l’était de manière notablement plus importante pendant ce mois. Enfin, la fin du jeûne est l’occasion d’une aumône obligatoire, la zakât al-fitr, destinée à intégrer pleinement les pauvres aux réjouissances de la fête de fin de jeûne.

 

Tout cela montre clairement que le jeûne de ramadhâne comprend, pour les croyants, aussi les dépenses consenties en soutien aux pauvres, aux nécessiteux, aux étudiants, aux orphelins, aux vieilles personnes, bref, à tous ceux qui sont dans le besoin. Besoin affectif, psychologique, matériel.

On ne peut enfin passer sous silence l’une des dimensions les plus importantes du jeûne de ramadhâne : la dimension éducative. Ce jeûne prend place sur une période définie dans l’année et, par l’intervention d’Allâh – selon la foi musulmane –, cette abstinence  et cette abondance extrêmes sont grandement facilitées durant le mois de ramadhâne.  Spécifiques à cette période, elles sont néanmoins recommandées, dans des versions moins extrêmes, tout le reste de l’année. L’islam recommande en effet de ne pas trop manger, de ne pas trop boire, de prier la nuit, de prier à la mosquée, de lire le Coran, de dépenser pour le bien-être des nécessiteux. Et on espère que chaque musulman prendra leçon de ses efforts de ramadhâne pour finalement se dire : « J’ai pu m’abstenir de manger et de boire pendant ce mois, je peux manger moins et boire moins les autres mois. J’ai pu adorer Dieu en abondance durant ce mois, je pourrais faire des efforts après. Et j’ai pu faire le bien en abondance autour de moi, ça me sera facile de continuer à faire le bien, même modérément, tout le reste de l’année ! »

 

Vos réactions 3réaction(s)

  • 1
    Tasnim 1 août 2011

    As-salamu ‘alaykum

    Très bon texte macha ALlah.

    Au paragraphe concernant l’abondance au niveau social il est écrit concernant le Prophète saws « qu’ALlah le Préserve » est-ce une erreur ?

  • 2
    diarra 1 août 2011

    MACHALLAH JESPERE APLIQUER TOUS CELA INCHALLAH MERCIII BON RAMADAN a touses

  • 3
    Martinez 1 août 2011

    Ce rappel est simple et résume bien le rôle attendu de ce mois de jeune .

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